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WAMBA. « DANICO »: La beauté de la gratuité. 16.01.2010

irene à Apodo

Irène à Apodo

cenacle Mungbere
Cénacle de P. M. à Mungbere
Irene et Adriana
Avec Adriana
irene mbanda
En visite aux familles
Duilio, Irene, pygmées
Avec les Pygmées
et fr. Duilio
P. Corbetta
P. J.M. Corbetta, directeur
de l'hôpital de Mungbere
Hopital Mungbere
Hôpital de Mungbere

Pendant deux ans j’ai vécu côte à côte avec Andres Lasso, un jeune Laïc Combonien italien qui avait choisi de consacrer son temps pour un service dans la vie missionnaire. Il s’engagea dans l’enseignement au Petit Séminaire de Rungu, dans le Lycée et dans la formation des enseignants. En ces jours j’ai eu l’occasion d’aller rendre visite aux Missionnaires Comboniens de Mungbere dans le diocèse de Wamba. C’est dans cette Mission que j’ai rencontré Irène Mbanda, une fille Kinoise, elle aussi Laïque Missionnaire Combonienne.
Frappé par le fait qu’une jeune congolaise puisse entrer à faire partie des Laïcs Comboniens et qu’elle parte missionnaire dans un coin reculé de son pays, j’ai voulu lui poser quelques questions.

 

Quelles sont les raisons qui t’on poussée à venir ici dans la Province Orientale?

En faisant chemin avec les Laïcs Comboniens je me suis sentie appelée par le Seigneur à faire un pas en plus : partir et faire une expérience missionnaire directe. La première fois, j’ai été envoyée à Maboma dans le diocèse de Wamba avec la communauté combonienne qui s’occupe de la pastorale parmi les pygmées.

 

Quelles ont été tes premières impressions?

Sortir de Kinshasa, laisser ma famille, les amis et les commodités n’a pas été facile, mais encore plus a été terrible le premier impact avec la réalité de la mission de Maboma: les routes épouvantables, la nourriture différente, le manque d’électricité, et la confrontation avec la culture des gens du lieu et des amis Pygmées. Je dois dire que je suis restée étonnée par l’accueil soit des gens du village soit des Pygmées qui m’ont manifesté tout de suite leur amitié. Pendant les années scolaires on avait alimenté en moi comme dans mes compagnons de classe un tas de préjugées et fausses idées sur les gens de la brousse et les Pygmées en particulier. J’ai vite compris que la réalité est bien différente et que les Pygmées, en particulier, sont des gens formidables, intelligents, capables d’entrer en relation avec les autres sans problèmes.

 

Avec quel esprit tu t’es approchée à cette nouvelle vie ?

Tout d’abord je voulais donner ce que j’avais reçu : ma joie, mon savoir, mais surtout ma foi. Je désirai aussi faire une expérience de vie communautaire, avec les missionnaires et les laïcs. Connaître la langue locale est aussi très important et même si j’ai eu au commencement des difficultés et le temps a été court, je me suis engagée pour apprendre en partie le Kibudu.

 

Qu’as-tu reçu ?

J’ai découvert d’avoir une nouvelle famille qui a Dieu au centre et que je retrouve n’importe où je vais. Cela m’a aidée à comprendre ce que c’est la vie communautaire : le don que sont les autres pour moi et le don que je suis pour eux. J’allais souvent dans les campements pygmées en pleine brousse. J’ai été frappée par la richesse du peuple Pygmée, par leur façon de vivre, par leur culture, par leurs chants et les danses. Je passais toute la journée avec eux.

 

Et ton retour à Kinshasa comment s’est- il passé?

Mes amis et même mes parents me demandaient : « Qu’est-ce qui t’a prise ? » « Est-ce que ta tête fonctionne bien encore? ». Pour eux je suis un peu folle. Sans doute ce sont des expériences qui te changent : elles te font grandir dans la foi, dans l’accueil et le respect des frères, dans la disponibilité. On devient moins exigeantes, et un peu « broussardes ». J’avais promis au gens de Maboma que je serai revenue, mais à Kin j’ai trouvé un bon travail, et les commodités de toujours, les amis…je risquais de m’installer dans la douce vie… Mais le Seigneur m’a secouée et poussée à répartir le plus vite possible, et me voilà ici à Mungbere.

 

Et cette nouvelle expérience ici à Mungbere ?

Mungbere est une ville vive et la population est beaucoup plus nombreuse qu’à Maboma. Ici je pratique mon métier à l’hôpital en tant qu’infirmière. J’ai trouvé encore une fois un très bon accueil parmi les Missionnaires et le personnel de l’hôpital. Etre à coté des mes frères malades et en particuliers de ceux qui sont séropositifs me touche profondément. J’ai porté des changements qui, au commencement, n’étaient pas bien acceptés. Je suis chargée de la consultation prénatale et préscolaire, pour le dépistage du VIH Sida et aussi de l’éducation et formation pour éviter la transmission du virus entre mère et enfant. J’ai exigée qu’aux sessions de formation ne soit pas présente seulement la femme, mais aussi son conjoint. Il y a eu des réactions, mais après ils ont compris que c’était nécessaire.

 

J’ai noté que ta présence en tant que Laïque Combonienne à l’hôpital, dans la ville et les villages d’alentour, est « contagieuse».

En effet des amis ont ressenti le désir d’être, eux aussi, des Laïcs Comboniens, car le « terrain » était déjà bien labouré par la présence des Missionnaires. Mon arrivée a été motif de confrontations et ils m’ont posé un tas de questions. Doucement nous avons formé un premier noyau avec des rencontres de formations et on a donné vie au premier Cénacle de prière missionnaire. Même dans les autres villages, comme dans celui de Apodo, d’autres ont suivi notre exemple et maintenant on est environ une trentaine d’amis. On se rencontre régulièrement et on essaie de vivre cette spiritualité. Je resterai ici une année et, avec l’aide de Dieu, nous grandirons ensemble comme nouvelle famille.

 

Je te pose une question que sans doute tes amis de Kinshasa t’on posée : Combien gagnes-tu ?

Si tu parles d’argent, absolument rien. En effet pas seulement mes amis, mais aussi mes parents pensent que je gagne un tas d’argent. Eux et beaucoup d’autres personnes ne comprennent pas le mot « Gratuité ». Jésus nous dit : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement ». (Mt. 10,8) Mais du point de vue humain et spirituel on reçoit beaucoup. Tu penses d’aller pour donner, mais tu es rempli de grâces, car Dieu est plus généreux que toi.

 

Ton nom est Irène, mais on t’appelle « Danico » pourquoi ?

Je me suis occupée toujours de la catéchèse pour les enfants dans ma paroisse Saint Augustin à Kinshasa. En ce temps-là je n’avais pas entendu parler de Saint Daniel Comboni. Ce sont des amis qui me l’ont fait connaître en occasion de sa Canonisation, en me proposant de le faire connaître aux enfants pendant les catéchèses. J’ai commencé à lire sa vie et désirer de le connaître davantage. Je me suis passionnée à ce grand Apôtre de l’Afrique, et à en parler avec enthousiasme aux enfants. Ce sont eux qui m’ont appelée pour la première fois : « Danico », qui veut dire simplement : Daniel Comboni.

 

Qu’envisages-tu pour ton futur ?

Je sens que le Seigneur me conduit par ses chemins et il me demande de plus en plus de m’engager. Je crains qu’Il me demande un engagement à vie, pour cela j’espère pouvoir être accueillie parmi les Missionnaires Séculières Comboniennes.

 

Propos recueillis par fr. Duilio Plazzotta