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KINSHASA. Yekima Debelart : Mon art « c’est une façon de prêcher autrement, toujours sur les traces de Christ ». 14.07.2010

mugaruka

L'Artiste de "Haiti dans un coeur"
YEKIMA DEBELART en studio
au campus de l'UNIKIN

Yekima Debelart, ton vrai nom c’est Melo Costa Armando Yekima.
Sur la scène artistique c’est ce nom de Bel Art qui résume ce que je suis. J’écris, je fais la poésie, je suis aussi dans l’art dramatique car le théâtre m’a toujours intéressé, mais j’ai une passion surtout par la musique. Comme ce sont des arts, et associés aux lettres, je me résume dans Debelart.

As-tu suivi une formation ?
En réalité je suis autodidacte, j’avais commencé des études à l’INA mais j’avais arrêté, préférant ajouter du nouveau dans ce que j’ai déjà, j’ai donc choisi de faire des études en sciences économiques, actuellement je suis en 2é licence à l’Unikin. On n’est pas obligé d’apprendre sur le banc de l’école ou apprendre des professeurs.

Est-ce que ta vocation musicale a une influence chrétienne? De quelle façon la personne du Christ touche-t-il ta musique?
Tout ce que j’écris, que ce soit dans la poésie ou le théâtre, je ne crois pas d’être capable de le faire tout seul, il y a une force derrière et étant chrétien, je sais que cette force je l’obtiens du Christ. Quand j’écris je dis toujours qu’il y a de l’inspiration. Pour que le produit fini se corresponde à ce que je veux, je demande au Christ de m’aider, de m’inspirer encore plus.
Donc, le Christ c’est à la base de ce que je fais. Bien que dans le texte que j’écris je suis plus dans le social. Pour moi c’est une façon de prêcher autrement, toujours sur les traces de Christ.

As-tu un engagement concret dans ta Paroisse?
Je suis dirigeant d’une chorale de St Marc, la chorale française où j’apprends à chanter, j’ai aussi écrit des chansons liturgiques que la chorale a interprétées. Au-delà de ça, il y a un orchestre dans la paroisse que je coordonne, à part mes productions personnelles.

Parles-nous de ton parcours
Au début j’ai créé un mouvement que j’ai nommé « Biso mpe attitude », pour dire notre attitude face à tout ce que nous observons dans la société. Avec ce mouvement nous avons fait un concert en 2008 dans la salle Atandele, la salle de la paroisse, et on a passé des messages sur le SIDA, sur les guerres incessantes en RDC et sur plein d’autres sujets. Y a même une chanson ‘ Bazali faux’ où je parle de la vocation des députés que nous avons élus. Mais après un temps, l’orchestre s’est un peu tu et j’ai voulu le relancer. Quand la catastrophe d’Haïti a eu lieu, l’artiste s’inspire, ça ne m’a pas laissé indifférent, et j’ai écrit ‘Haïti dans un cœur’. Je me suis dit, si tous ces événements se produisaient dans le cœur d’une personne, quelle en serait les conséquences ? « Haïti dans un cœur », est un morceau slam.

Un slam ? Que-ce que c’est ?
Un slam c’est de la poésie, c’est une déclamation sur un fond musical tout en respectant les rimes, les strophes et tout ce qui va avec. Parce que déjà dans la poésie il y a cette musicalité, on y ajoute un son. Mais nous avons utilisés des sons très africains car j’aime l’originalité, on y a joué beaucoup de tams-tams, des xylophones, du kabassa. On a mélangé cela avec des instruments venus d’ailleurs pour faire un tout. Je dirais aussi que le slam, bien que les français le revendiquent, vient de l’Afrique, car les griots utilisaient déjà cette technique, déclamer des poésies en jouant à un instrument. C’est pourquoi j’aime aussi m’appeler le griot moderne. Donc je suis un slameur, un griot moderne, un grioteur. On est presque à terme et je pense que la chanson sortira incessamment.

Quel message veux-tu passer chez les personnes qui vont écouter «Haiti dans un cœur»?

Je prends l’image d’Haïti pour parler de notre société, que les vices ont blessée. Les vices ont même pris la place des valeurs, et le peuple n’est plus irrigué que par la vertu que lui-même se crée. Je parle de la douleur que ressent une personne face à différentes circonstances, si bien que chaque jour de notre vie nous vivons Haïti.
En employant des termes simples pour expliquer ça, un étudiant qui remarque un échec qu’il n’attendait pas lors de la délibération, c’est Haïti dans le cœur, on vous annonce la mort d’un proche, c’est l’Haïti dans le cœur.
L’Haïti dans le cœur résume la douleur que peut ressentir une personne. La RDC a tellement connu de douleurs que c’est le pays qui vit l’Haïti au quotidien. Mais on est en train de se battre, par la musique par exemple pour que le pays connaisse de moins en moins des douleurs.

K.B.