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KINSHASA. Anniversaire de l'assassinat de Mgr. Christophe Munzihirwa. Conférence du p. Tonino Falaguasta, au Centre Lindonge. 29.10.2009.
Le
29 octobre est le jour anniversaire de l'assassinat de Mgr. Christophe Munzihirwa,
tué à Bukavu lors de l'invasion de l'Alliance des Forces démocratiques
pour la Libération du Congo en octobre 1996.
Le p. Tonino Falaguasta, missionnaire combonien, de la rédaction d'AFRIQUESPOIR,
a tenu une conférence aujourd’hui au Centre Lindonge de Kinshasa, pour
rappeler aux Chrétiens du Congo que Mgr. Munzihirwa reste toujours un
prophète, un martyr de la paix, de la charité, de l'accueil; il
reste toujours un exemple de pasteur dont l'Eglise du Congo et de l'Afrique
a besoin.
Ademis publie le texte de la conférence du p. Tonino.
MGR. CHRISTOPHE MUNZIHIRWA
Pasteur, prophète, martyr de la liberté et de la paixIntroduction
Le 29 octobre est le jour anniversaire du martyre de Mgr. Christophe Munzihirwa. La réunion d’aujourd’hui donc a une raison bien précise : nous voulons faire mémoire de ce chrétien exceptionnel, de ce pasteur dévoué, de ce prophète, de ce martyr de la liberté et de la paix. N’oublions jamais que Mgr. Christophe Munzihirwa recherchait la paix avec toutes ses forces.
Dans un message envoyé à ses fidèles, le 14 octobre 1996, 15 jours avant son assassinat, il s’adressait aux Grands de la Terre en ces termes: « Nous faisons appel à la responsabilité des Nations et des Pays promoteurs de la justice et des droits de l’homme et des peuples, afin qu’ils œuvrent en vue de la paix et de la stabilité politique de cette région, pour épargner à ses habitants le désastre qui les menace… Ceux qui aiment cette région, qu’ils œuvrent pour y construire des structures de justice, de réconciliation, de pardon et de paix ». Il faut œuvrer en faveur de la paix, il faut la chercher sans se lasser. Mais il faut aussi analyser la situation, regarder avec des yeux qui savent saisir la réalité. Mgr. Munzihirwa répétait souvent comme un refrain : «Il y a des choses que nous voyons seulement avec des yeux qui ont pleuré », signifiant par là qu’il fallait être proche des gens, vivre avec eux, partager leur sort dans le bonheur et dans les malheurs. Mais toujours à la recherche de la vérité.
Dans le dossier du n°48 d’Afriquespoir, d’octobre 2009 et qui a comme titre: « Justice, d’abord », page 17, il est écrit: « Dire la vérité implique qu’il faut faire mémoire. Pardonner ce n’est pas oublier ; c’est se souvenir d’une manière différente, ce qui permet d’éliminer la toxine du vécu de la victime, et de créer un espace dans lequel l’offenseur pourra se repentir et présenter ses excuses. Pardonner c’est se rappeler le passé, mais se le rappeler d’une manière qui rend possible un avenir différent, tant pour la victime que pour l’offenseur. L’oubli, comme les puissants veulent l’imposer aux vulnérables et aux pauvres : oublier leurs souffrances, effacer de leur mémoire ce qui leur a été fait, faire comme si aucun mal n’avait été commis, tout cela est injuste ».
En août dernier, Hillary Clinton, secrétaire d’Etat, responsable de la politique étrangère des USA, est passée par Kinshasa, a visité Goma et a invité les Congolais à oublier le passé pour recommencer à vivre d’une façon nouvelle. Certains Congolais se sont posé cette question : pouvons-nous oublier 5 millions de victimes des violences et de la guerre (= l’organisation humanitaire des USA, International Rescue Committee, après avoir mené une enquête scientifique, en 2008, parle de 5.400.000 victimes de la guerre et des violences qui en sont la conséquence, de 1996 à 2007), victimes perpétrées essentiellement parmi la population de l’Est de la RDC ? Non ! La vérité d’abord. Et la justice aussi. Les responsables de toutes ces violences, de toutes ces exactions, de tous ces meurtres doivent subir les effets de la loi nationale et internationale. C’est pour cette raison que nous sommes là.
Nous voulons faire mémoire du martyre de Mgr. Munzihirwa et du message que sa vie nous a laissé pour arriver finalement, tous ensemble, à construire un Congo meilleur, un Monde meilleur.
Et aujourd’hui la région orientale du Congo vit-elle en paix ?
Le Kivu a-t-il été pacifié ?
L’évêque actuel de Bukavu, S.E. Mgr. François Xavier Maroy Rusengo, a quitté le Synode des Evêques qui se tenait à Rome, le 8 octobre dernier, parce qu’il retenait son devoir de regagner son diocèse, diocèse qui fait partie d’une région déchirée par les violences et où l’Eglise est aujourd’hui une cible privilégiée. Mgr. Maroy faisait allusion à l’enlèvement de deux prêtres et d’un séminariste la nuit du 2 au 3 octobre 2009 à la paroisse de Chiherano, avec requête de rançon, et au pillage de la maison des Frères Maristes à Nyangezi, la nuit du 5 au 6 octobre.
La CENCO a condamné ces actes ignobles et demandé qu’une enquête sérieuse soit diligentée pour identifier les auteurs de ces forfaits et qu’ils soient punis selon la loi. Avant de quitter Rome, Mgr. Maroy avait dit aux Evêques réunis en Synode, les larmes aux yeux : « Pendant que nous prenons la parole, les agents pastoraux de notre Archidiocèse sont inquiétés par les ennemis de la paix. Une des paroisses de notre Archidiocèse a été incendiée, le vendredi 2 octobre 2009, les prêtres ont été molestés, d’autres pris en otage par des hommes en uniforme, qui ont exigé une importante rançon que nous avons été forcés de payer pour épargner la vie de nos prêtres qu’ils menaçaient de massacrer ».
En vérité à Bukavu l’Eglise est l’unique soutien d’un peuple terrorisé. Mgr. Maroy a poursuivi son intervention : « La réconciliation doit prendre en considération les causes profondes de la crise des relations qui se situent au niveau des intérêts et des ressources naturelles du pays à exploiter et à gérer dans la transparence et l’équité au profit de tous ».
Le journal « Le Potentiel » avait comme titre à la une, le 6 octobre 2009 : « Kivu, toujours une poudrière » et quelques jours après, le 12 octobre, le même journal parlait de: « La guerre du nickel en RD Congo… après le diamant, l’or, le coltan… ». On y reprenait les propos de Colette Braeckmann, parus dans un journal belge, quelques jours auparavant.
La journaliste, très célèbre en RD Congo aussi, ventilait la possibilité d’une explosion de violences pour s’accaparer les richesses du sous-sol de notre pays, surtout dans la partie orientale. On citait encore le témoignage d’un missionnaire combonien qui disait: « Une grande guerre est en gestation. N’oubliez pas le pétrole, n’oubliez pas le bois, n’oubliez pas la ‘ganga latina’, où on a récemment découvert du nickel, presque à l’état pur ». Les Missionnaires Comboniens aussi, présents dans le nord est du pays, ont publié une déclaration le 9 octobre, dans laquelle ils dénoncent la grande destruction perpétrée par les forces négatives et ils invitent les responsables des grandes puissances et des organisations internationales à intervenir pour « arrêter cette catastrophe qui est en train de dévaster le nord est du Congo ».
Mgr. Munzihirwa avait vu juste déjà en 1994 et, pendant son bref ministère en tant qu’Archevêque de Bukavu, il n’a cessé de parler clair, haut et fort.Repères biographiques
Mgr. Munzihirwa était né dans la paroisse de Burhale à Lukumbo en 1926. Après les études à l’école primaire paroissiale, il fit encore trois années à l’Ecole Normale avant d’entrer au petit séminaire de Mugeri. Puis il passa par les Grands Séminaires de Nyakibanda (Rwanda) et de Moba (Diocèse de Kalemie). Le 17 août 1958, à Walungu, gros bourg à une dizaine de kilomètres à sud ouest de Bukavu, il a été ordonné prêtre. Il a exercé son ministère sacerdotal dans son Diocèse et rapidement il devint curé de la Cathédrale de Bukavu.
En 1963, attiré par la vie religieuse et par la spiritualité ignacienne, il demanda d’entrer chez les Jésuites. Il commença son noviciat à Djuma (Bandundu), le 7 septembre de la même année. La rébellion muléliste battait son plein, mais Munzihirwa fut impressionné par l’exemple de la population, qui, unie à ses chefs traditionnels, défendait avec force leurs villages et leurs terres. Le 8 septembre 1965, en la fête de la nativité de la Vierge Marie, Christophe fit sa profession religieuse. Il continua sa formation théologique d’abord à Kinshasa, puis en Belgique, où il entreprit aussi des études en science sociale et en économie. En 1969 il est de retour à Kinshasa, où il est père spirituel des jeunes jésuites à Kimwenza et vicaire à la paroisse universitaire. C’est ainsi qu’il vécut la contestation des étudiants en 1971 et, vu que le régime enrôlait de force les étudiants dans l’armée, il se porta volontaire lui aussi, même si, à cause de son âge, il aurait pu en être dispensé. Cette cause commune avec les étudiants, qui subissaient mauvais traitements et violences, fit une grande impression, si bien que le Président Mobutu lui-même en fut embarrassé. En 1973, le p. Munzihirwa est affecté à la Maison Saint Ignace de la Gombe, à Kinshasa, pour travailler au CEPAS et au CADICEC. L’année suivante il est en Belgique pour une dernière année de probation à Fayt-lez-Manage. De retour au Congo, il est nommé vice supérieur de la maison des étudiants jésuites à l’université de Lubumbashi, où il enseigne à l’Institut de Sciences Religieuses pour une année. Le 3 décembre de 1975, il prononce les derniers vœux dans la Compagnie de Jésus. Mais, nonobstant ses engagements, il continue les études et la recherche. En 1977, il commence une thèse de doctorat en sociologie à l’université de Lubumbashi, thèse qu’il va continuer en Belgique. Le 31 juillet 1978, le père Christophe est nommé recteur de l’Institut de philosophie « Saint Pierre Canisius » à Kimwenza. Deux ans plus tard, il sera élu Supérieur Provincial des Jésuites de l’Afrique Centrale (= Congo, Rwanda et Burundi).
Le 1° août 1986, Munzihirwa est élevé à la dignité épiscopale comme évêque coadjuteur de Mgr. Pirigisha, dans le diocèse de Kasongo (Maniema). En 1990, il lui succède. Le 15 septembre 1993, tout en restant Evêque de Kasongo, il est nommé Administrateur apostolique de l’Archidiocèse de Bukavu. Le 27 mars 1994, Mgr. Munzihirwa devient Archevêque de Bukavu, tout en étant toujours administrateur apostolique de Kasongo. En avril et mai de cette année, il est à Rome pour le I° Synode des Evêques, consacré à l’Afrique. Il devra faire retour en catastrophe, parce que les événements du Rwanda ont déversé sur le territoire de son Diocèse des centaines de milliers de réfugiés.L’Archidiocèse de Bukavu
Bukavu est une ville de la RDC, située sur la rive sud-ouest du Lac Kivu. Elle est la capitale de la province du Sud-Kivu. La ville compte actuellement 250.000 habitants et autant on en trouve dans la banlieue et les villages avoisinants. Bukavu fut fondée en 1901 par les autorités coloniales belges, comme centre administratif de l’ancien Royaume des Bashi (ethnie majoritaire dans la zone). Avant de recevoir le titre d’Archidiocèse, le 10 novembre 1959, Bukavu avait été le siège du Vicariat Apostolique du Kivu en 1929 ; du Vicariat Apostolique de Costermansville en 1952 et du Vicariat Apostolique de Bukavu en 1954.
Le nom Bukavu viendrait du mot « bu’nkafu » qui signifie « ferme du bétail ». En 1927, Bukavu fut rebaptisée Costermansville, en l’honneur de Paul Costermans. Costermans était un agent de l’Etat Indépendant du Congo. Né à Bruxelles le 2 avril 1860, il était un homme de confiance du Roi Léopold II, qui lui confia la fortification des frontières à l’Est du pays, face aux Allemands, et sur le Bas-Congo, face aux Français. Le 20 novembre 1903, le Roi le nomma vice Gouverneur général de l’EIC. Le Congo jouait d’une mauvaise presse, à ce temps-là, à cause des atrocités commises par les Européens sur la population congolaise. N’oublions pas le martyre du Bienheureux Isidore Bakanja, qui date de cette époque… Léopold II, suite au rapport Casement, qui dénonçait toutes ces violences et ces atrocités, nomma une Commission d’enquête, qui arriva à Boma en octobre 1904. Costermans, ne pouvant pas supporter toutes ces accusations, mit fin à ses jours le 9 mars 1905, à Banana. Une fois oubliée la tragique histoire de Costermans, la ville sur le lac Kivu reprit son nom de Bukavu en 1953. C’est à Bukavu qu’une bataille terrible eut lieu en 1967 et qui opposait 600 soldats Katangais et 170 mercenaires blancs, commandés par un aventurier belge, Jean Schramme, et 15.000 hommes du général Mobutu. En novembre de la même année, les mercenaires de Schramme, défaits complètement, prirent la fuite vers le Rwanda.
La ville de Bukavu connut dans la suite un certain calme, jusqu’aux événements rwandais de 1994 et l’invasion du Congo de 1996, organisée par l’Alliance des Forces démocratiques pour la Libération du Congo, guidée par Laurent Désiré Kabila, et épaulée par les Rwandais et les Ougandais.Le climat politique
Mgr. Munzihirwa, en venant à Bukavu en tant qu’Archevêque, en mars 1994, connaissait la situation du Kivu et aussi celle du Congo, à ce temps là encore Zaïre, soumis à la dictature vacillante de Mobutu. L’Afrique aussi, et surtout l’Afrique des Grands Lacs, était aux prises à des tremblements politiques, des changements radicaux. Tout cela avait été favorisé par la chute du mur de Berlin (1989) et par l’effondrement de l’Union Soviétique. La seule grande puissance qui restait, les USA, déployait son influence partout dans le Monde. Le professeur Angelo Turco a fait une analyse de cette situation politique en plusieurs articles parus sur la revue NIGRIZIA, éditée par les Missionnaires Comboniens en Italie. Selon le professeur Turco, les USA, pour ce qui concerne l’Afrique Centrale, soutenaient les pays qui assuraient la paix, la tranquillité et l’exploitation des ressources. Le président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, a été adoubé par les USA et par l’Angleterre, depuis son accession au pouvoir, en 1986. Et à travers lui, l’influence des USA sur l’Afrique des Grands Lacs a favorisé l’accession au pouvoir au Rwanda par le FPR, de Paul Kagame, après une lutte armée commencée déjà en 1990 et terminée avec la prise de Kigali en 1994. Cette prise de Kigali a déclenché une réaction sanglante de la population à partir de l’attentat qui a coûté la vie au Président Habyarimana, le 6 avril 1994. Pendant quelques semaines, des atrocités inhumaines ont été commises par les envahisseurs (le FPR) et par les Rwandais du pays, qui voyaient dans la disparition de Habyarimana la fin de la paix et de l’entente sociale, surtout entre ethnies Tutsi et Hutu. On parle de 800.000 morts, un carnage, de Tutsi et de Hutu. L’opération Turquoise, déclenchée par la France de François Mitterrand, limita ce carnage, mais provoqua la fuite vers le Zaïre de centaines de milliers de personnes, qui fuyaient les atrocités de tout genre et de tous côtés. Entre Bukavu et Goma il y a eu au moins deux millions de personnes qui se sont installées dans des camps de fortune et qui attendaient l’aide des ONG et des Organismes Internationaux pour pouvoir survivre. Quelle a été l’attitude de Mgr. Munzihirwa, face à cette invasion de réfugiés ? L’accueil sans distinction. Le 26 octobre 1994, il avait écrit dans un message aux Grands de ce Monde : « Le Kivu est en train de devenir la décharge des problèmes créés par le Rwanda et le Burundi dans la Région des Grands Lacs. On a envoyé ici chez nous, depuis 1959 à l’année 1962, des réfugiés Tutsi, que nous avons accueillis. Et puis au courant de cette année 1994, on nous a envoyé des réfugiés Tutsi, et ensuite une grande foule de réfugiés Hutu, que nous avons accueillis et que leur Gouvernement refuse de les accueillir de retour… ». Mgr. Munzihirwa prônait l’accueil sans distinction parce qu’il avait une certaine idée de la personne humaine, une certaine idée de la société, une certaine idée du développement, inspirée des valeurs évangéliques.
Dans un article paru sur la revue « Zaïre Afrique », n°197 de 1986, et qui avait comme titre : « Pour un chrétien, quel développement ? », il disait : « Le développement pour un chrétien est une dynamique qui met en valeur non des richesses, mais des personnes, non des individus, mais une humanité solidaire, non des êtres éphémères voués au néant, mais une multitude qui participe d’un tissu de relations sans limite, pour aujourd’hui et pour l’au-delà de la mort, animées par Celui qui est essentiellement Relation et Amour » (p. 411). Je voudrais souligner quelques mots comme : personnes, humanité solidaire, tissu de relations, Relation, Amour… Ces mots nous font comprendre les raisons pour lesquelles Mgr. Munzihirwa a lutté, a cherché la collaboration des autorités congolaises et internationales, a favorisé le dialogue, le respect mutuel, la paix, l’accueil, la solidarité, l’entraide, le partage des richesses dans la légalité, etc.
Mais qui était Munzihirwa ? Quels étaient les ressorts spirituels qui le poussaient à agir de la sorte, jusqu’au sacrifice de la vie ?La spiritualité de Mgr. Munzihirwa
Je commence par citer les propos du jésuite Malulu Lock Gauthier, parus sur la « Nouvelle Revue Théologique » 2007, n°4 : « Mgr. Christophe Munzihirwa est passé dans l’histoire de l’Eglise africaine comme un témoin et un martyr de Jésus Christ. Sa vie, sa mort et sa pensée inviteront certainement des générations de chrétiens africains à s’engager sans aucune crainte pour la cause de l’amour fraternel, de la paix, de la justice et du développement. Il restera certainement pour bon nombre de personnes un modèle d’imitation du Christ. Mgr. Christophe Munzihirwa Mwene Ngabu est passé du ‘vieux sage’ (=Mzee) qu’il était sur la terre à l’ancêtre africain dans l’au-delà. Il sera compté parmi les aînés africains dans la foi, un martyr » (p.625). Etre un martyr ce n’est pas aussi simple que ça. Et surtout cela ne s’improvise pas. Il faut une vie spirituelle profonde et ancrée dans le Christ. Mais en partant de notre réalité humaine. Munzihirwa, dans la langue des bashi signifie chef. Mwene Ngabo signifie fils du peuple. Mais Munzihirwa était profondément chrétien. S’il était chef, il était, comme Jésus, au service et non pas pour la domination. En effet il a ajouté à son nom « Mzee Muhudumu ». Mzee en langue swahili signifie le vieux, l’ancien, le sage. En Afrique le vieux doit être un exemple de vie et de vertu. Le Mzee doit veiller sur les autres, sur la famille, sur la société. Etre une sorte de sentinelle. Et Mgr. Munzihirwa parlait de soi même en ces termes : « Je suis une sentinelle ici à Bukavu ». Le temps bref qu’il a passé à Bukavu, il a été la sentinelle, qui veille sur le troupeau en totale docilité à Dieu, qui seul est le rempart de la ville (Psaume 127). Muhudumu, toujours en swahili, signifie serviteur. Mgr. Munzihirwa le prenait dans le sens évangélique évidemment. En effet Jésus avait dit : « Le Fils de l’homme lui-même n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude » (Marc 10, 45). Et en conséquence, l’Evêque de Bukavu signait ses lettres et ses documents : « Mzee Munzihirwa, serviteur de l’Eglise qui est à Bukavu ».
La vie, le témoignage, les paroles, le martyre de Mgr. Munzihirwa supposent des points fermes, une conviction profonde, une vie spirituelle basée sur l’Evangile. Mzee Munzihirwa était un chrétien, un religieux (jésuite), un prêtre, un évêque exemplaire. Il a reçu la formation prônée par les Exercices Spirituels de saint Ignace de Loyola, qui ont fait de lui un véritable disciple du Christ. Le p. Gauthier Malulu Lock résume la vie spirituelle de Mzee Munzihirwa en trois traits caractéristiques : la prière, la pauvreté, l’engagement en faveur des valeurs évangéliques. La prière tout d’abord. Munzihirwa était un homme de prière, dont le centre était l’Eucharistie. Il arrivait à célébrer la Messe jusqu’à 5 fois par jour. Et non pas pour l’intention ou l’offrande, mais pour prier avec des communautés différentes qui la lui demandaient. Il avait aussi une grande dévotion à la Vierge Marie, qu’il invoquait toujours comme « sa mère ».
Mzee Munzihirwa a été aussi un disciple de Jésus pauvre. L’expérience de la rencontre avec le Christ dans son abaissement l’avait fortement marqué et il voulait l’imiter dans la simplicité de sa vie. Le p. Meo Elia, missionnaire xavérien, a écrit : « En aucune manière, le fait d’être Evêque n’a été pour lui un moyen de s’enrichir ou d’enrichir sa propre famille. C’était un service. Il avait seulement deux chemises et deux pantalons, qu’il lavait lui-même et qu’il étalait pour le séchage » (in Martire della speranza, 1999, p. 2). Ceux qui l’ont connu sont unanimes à dire que Munzihirwa se présentait comme un homme simple, parfois habillé comme un roturier. « Il ne voulait pas qu’on baisât sa main – selon un témoin – ou qu’on s’agenouillât à son passage. Avec humour, nous nous disions que c’est son chauffeur qu’on croirait Evêque à sa place. Je ne le vis jamais avec une calotte à la tête. Il ne la portait qu’à la Messe. Il n’avait que l’anneau épiscopal et la croisette » (In Memoriam, p. 23). Mzee Munzihirwa a été un prophète, défenseur de la paix, de la justice, de la vérité, de la charité ; il a été un défenseur des valeurs évangéliques contre vents et marées. Dans son dernier message, le 28 octobre 1996, il avait dit: « En ces jours que pouvons-nous faire? Soyons solides dans la foi. Je demande à nos militaires de se reprendre et de réveiller en eux un minimum de dignité militaire. Nous demandons aux chefs militaires de faire tout le nécessaire (face à l’invasion en acte de la part des ennemis du Congo) pour protéger nos vies des pilleurs et nous resterons chez nous pour les aider. Nous sommes sûrs que Dieu ne va pas nous abandonner et que quelque part dans le Monde une lueur d’espérance surgira. Dieu ne nous abandonnera pas, si nous nous engageons à respecter la vie de nos voisins de n’importe quelle ethnie ils soient ». Telles étaient les idées de Mzee Munzihirwa, tel était le fondement évangélique de sa vie spirituelle. S’il a été assassiné, c’est parce qu’il était un prophète, un témoin de la paix, un défenseur de la vie, la sentinelle de la société et de l’Eglise de Bukavu.
A juste titre, le p. Simon-Pierre Metena M’Nteba, supérieur provincial des Jésuites, lors d’une Messe en l’Eglise Sacré-Cœur à Kinshasa, le 9 novembre 1996, a pu dire : « Ce n’est pas donc au nom de quelque idéologie politicienne que Mgr. Munzihirwa est mort. Il est mort au nom et à cause de la charité…, au service de son Maître et Seigneur, pour ses frères et sœurs, pour la paix et contre la guerre au Kivu » (In memoriam, p. 15).L’invasion des réfugiés de 1994 et la guerre programmée de 1996
De retour de Rome, où il avait participé au I° Synode des Evêques pour l’Afrique, Mgr. Munzihirwa dut immédiatement se consacrer au drame des réfugiés en provenance du Rwanda. Ils entraient par Goma ou par Bukavu, en fuyant les violences qui s’étaient déclenchées au Rwanda, surtout à partir de la mort du Président Habyarimana, décédé dans le crash de son avion, suite à un attentat, le 6 juillet 1994. Déjà le 24 juillet, pendant la Messe à la cathédrale, Mgr. Munzihirwa exhortait ses fidèles : «Frères, la crise du Rwanda manifeste à nous aussi notre propre crise : au moment où la foule des réfugiés arrive ici chez nous, l’administration urbaine de Bukavu est totalement absente… Nous comprenons : les responsables n’ont aucun moyen. C’est la conséquence du pillage qui dure depuis 30 ans dans notre pays. Nous remercions les frères congolais, qui, nonobstant leur grande pauvreté, accueillent les réfugiés dans leurs maisons… Nous accueillons les réfugiés sans aucune discrimination… ». Mgr. Munzihirwa avait compris, en pasteur avisé, que la présence de centaines de milliers de réfugiés dans le territoire de son Diocèse, allait provoquer une « déstabilisation » du Kivu tout entier et comme corollaire la perspective de l’extension des conflits à toute la région des Grands Lacs (lire l’éditorial de La Croix, 2 novembre 1996).
L’Archevêque de Bukavu ne se contenta pas de trouver des vivres pour les camps où les réfugiés étaient entassés. Il se consacra aussi à la recherche d’une solution durable pour eux. Dans une lettre adressée au Cardinal Danneels de Bruxelles, faisant état de leur condition de vie, il disait : «Ils vivent dans des conditions de détresse de plus en plus grandes : les distributions de nourriture se font plus rares, le bois de cuisine est de plus en plus difficile à trouver. Plusieurs organismes se retirent, mais continuent à travailler au Rwanda… Il n’y a pas d’autre solution pacifique au conflit que celle d’une rencontre de tous les Rwandais en vue d’une solution politique négociée et équilibrée… Laisser dépérir au Zaïre deux millions de Rwandais, c’est un crime contre l’humanité » (in Nouvelle Revue Théologique, 2004, p. 209). Mais les souffrances et les épreuves ne faisaient qu’augmenter.
Le 15 mai 1995 Mgr. Munzihirwa écrivait à Butros Butros Ghali, secrétaire général des Nations Unies : « Cette situation peut dégénérer en conflit armé entre l’armée rwandaise et celle congolaise ». Le 30 janvier il envoya un message à l’ex président des USA Jimmy Carter, en mission de paix : « Actuellement dans les camps, les réfugiés vivent dans une situation de souffrance. On les considère avec mépris. Beaucoup de médias les considèrent des extrémistes. Ils ne sont que des victimes… Ils devraient rentrer de droit au Rwanda…, mais au risque de leur vie, parce que les massacres continuent… Nous demandons l’ouverture d’une enquête internationale sur les massacres au Rwanda. Les premiers ont commencé en 1990. Il faudrait voir s’il n’y a pas l’intention d’une purification ethnique dans l’organisation des disparitions et des massacres. ... Et en outre les Etats-Unis apportent une aide militaire et financière importante à Kigali…» (in Hanno ucciso la sentinella, 2000, p.13). Mgr. Munzihirwa s’est intéressé au problème des réfugiés, mais il regardait en face la situation créée par le régime dictatorial de Mobutu au Congo. Il parla ouvertement contre les abus de l’armée zaïroise impayée depuis des années. Dans une lettre à l’ambassadeur des USA à Kinshasa, le 18 avril 1996, il écrivait: « Occupés à voler pour eux-mêmes, ces militaires doivent aussi apporter à leurs chefs le pourcentage prévu et requis… ». L’avenir était sombre et il prévoyait justement des temps difficiles pour la paix. Il ne cessait pas de répéter : « Il vaut mieux empêcher une guerre, que l’organiser ». Mais les armes lourdes ne se taisaient point et les dégâts provoqués étaient de plus en plus importants.
Ce qui favorisait la panique dans les habitants de Bukavu et beaucoup prenaient la fuite. Mgr. Munzihirwa, le 14 octobre 1996, a envoyé ce message : « Dans ces derniers temps le Rwanda a multiplié ses attaques contre l’est du Zaïre… Nous faisons appel aux responsables des Nations Unies et des pays promoteurs de la justice et des droits de l’homme et des peuples, afin qu’ils interviennent en vue de la paix dans cette région…Cette guerre que les médias occidentaux définissent des ‘Banyamulenge’ est une invasion qui vient de l’Ouganda. L’armée des envahisseurs est composée de soldats ougandais, rwandais, burundais et d’autres mercenaires, beaucoup mieux équipés que l’armée zaïroise… La population ensemble avec le clergé diocésain se rend compte que cette invasion a été longuement et minutieusement préparée afin d’occuper une partie du Zaïre… Cette guerre, commencée d’une manière impromptue, a un but bien réel, manifesté ouvertement en kinyarwanda, celui d’empêcher le retour des réfugiés rwandais dans leur pays et en même temps de jeter le Zaïre dans le désordre, ce pays qui a donné hospitalité pendant trente ans aux Tutsi qui sont actuellement à la tête du Rwanda ». Face au désintérêt des autorités compétentes, la société civile de Bukavu a constitué un Comité de défense, auquel Mgr. Munzihirwa donnait tout son appui. Il participait activement à ses réunions et à ses initiatives. Le 25 octobre décrète l’état d’urgence au Nord et au Sud du Kivu. Le 26 octobre 1996 l’Archevêque lance un appel : « Nous, qui appartenons à des nombreuses tribus qui ont toujours habité au Kivu dans la paix et l’harmonie, nous nous trouvons actuellement menacés par une guerre qui nous est imposée par des étrangers, qui ont armé une multitude de mercenaires pour s’assurer la domination de notre pays… ».
Le jour suivant Mgr. Munzihirwa envoie un message à Radio Vatican: « Il est nécessaire que vous dénonciez les manœuvres du Gouvernement Rwandais pour semer la panique avant toute action militaire, à travers des informations mensongères, que les médias internationaux reprennent régulièrement… Ce matin le camp des réfugiés de Panzi, dans la banlieue de Bukavu, a été bombardé par les militaires rwandais, et non pas par des rebelles… Aujourd’hui nous avons ici 300.000 réfugiés, qui proviennent de Uvira. Ils ont été bombardés et chassés par des militaires en provenance du Burundi, et non pas par des rebelles. Entre temps le Haut Commissariat pour les réfugiés a supprimé toute forme d’assistance. N’est-ce pas la façon programmée pour tuer les Zaïrois avec les réfugiés ? ». Le 27 octobre l’Evêque de Bukavu dans un message à la population donne des consignes pour les temps difficiles que tout le monde vit : « Restez dans vos paroisses… Ne vous laissez pas tromper par les Radios étrangères, alliées des lobbys qui soutiennent le gouvernement rwandais… Ne vous laissez pas non plus tromper par nos soldats zaïrois, qui racontent des événements invraisemblables pour créer la panique dans la population… Que nous journalistes, nous donnent à nous ici et au monde entier des informations correctes et objectives… Restons unis pour sauver le pays. Nous les chrétiens nous devrions savoir que l’arme la plus forte reste toujours la charité vers tout le monde et la prière au Seigneur Jésus, avec l’assistance de Notre Dame du Rosaire. Et que la Vierge Marie, Reine de la paix, intercède pour nous » (in Hanno ucciso la sentinella, 2000, p.16). Le 28 octobre les militaires rwandais bombardent Bukavu et pénètrent dans la ville.Les dernières heures
Le p. Rigobert Minani, jésuite, était à Bukavu ces jours-là, et a vécu les moments difficiles de l’invasion du Congo, à l’œuvre de l’Alliance des Forces démocratiques pour la Libération du Congo, dont l’armée rwandaise faisait partie. Dans une interview publiée par AFRIQUESPOIR n°16, octobre 2001, le p. Minani nous donne ces informations : « Quand on a vu que le pouvoir de Kinshasa était démissionnaire et complice et que la communauté internationale était indifférente à nos problèmes, la société civile, les partis politiques, les chefs coutumiers ont dit à Mgr. Munzihirwa : ‘Tu restes la seule autorité morale qui peut nous rendre service. Que faire pour que la ville ne connaisse pas les pillages, les tueries et les règlements de comptes qu’on a connus à Uvira, à Sange, à Kalima, au Masisi, etc. ?’. Des enquêtes que j’ai menées, il résulte que l’Archevêque était la deuxième personne sur la liste des gens à abattre. En fait quand les militaires sont entrés dans la ville de Bukavu, ils sont tombés sur une dame, sur l’avenue Uvira, et lui ont demandé : ‘Montre-nous la maison du Gouverneur, de l’Archevêque et du Commandant militaire de la ville’. Le Gouverneur et le Commandant militaire avaient déjà quitté Bukavu, il ne restait que l’Archevêque. Un témoin m’a confirmé que le Commandant rwandais qui avait déjà pris la centrale électrique de Ruzizi et devait donner l’ordre de couper le courant, reçut le message suivant via radio:
‘Nous venons de l’avoir’.
‘Qui?’.
‘Monseigneur. Qu’est-ce que nous devons faire?’.
‘Abattez-le’ dit-il.
Ce n’est pas par erreur qu’on l’a tué. Tout le monde connaissait Mgr. Munzihirwa. Il se promenait à pied. Son véhicule, une Rocky blanche, était connu de tout le monde… ». Comme d’habitude le soir du 29 octobre, Mgr. Munzihirwa, avec son chauffeur et un soldat des FAZ, était en train de se rendre au collège Alfajiri dans la communauté des Pères Jésuites pour y passer la nuit. Mais à la place Nyawera il a été arrêté par des tirs en rafales. Monseigneur sortit du véhicule, une croix à la main, et se dirigea vers des militaires (qui n’étaient pas des congolais des FAZ) pour palabrer. Ceux-ci le placèrent contre le poteau de la SINELAC, pendant qu’ils demandaient des instructions via radio. Puis on lui donna l’ordre de s’agenouiller près d’une grille et on le tua d’un coup à la nuque. Il était 18h30. Il y a encore cette grille dans un angle de la place Nyawera avec une belle photo de Mgr. Munzihirwa. Cette place actuellement a été rebaptisée Place Munzihirwa.
La veille de son martyre, Mgr. Munzihirwa avait envoyé ce message aux fidèles de Bukavu : « Bien chers frères, défendons-nous avec courage contre les pillards. Ce sont des voleurs. Mais toujours, souvenons-nous que nous sommes chrétiens, et qu’à chaque moment de notre histoire, nous sommes chrétiens. Conservons notre dignité de chrétiens. N’encourageons jamais toute discrimination raciale, tribale ou ethnique. Et celui qui touche à un être humain, parce qu’il est humain à l’image de Dieu, il touche à Dieu lui-même. Courage, défendez votre dignité ».Mgr. Christphe Munzihirwa, un martyr?
Pour l’abbé Richard Mugaruka, professeur à l’Université Catholique de Kinshasa, Mgr. Munzihirwa était un homme droit, mais atypique dans sa façon de se présenter, de s’habiller, de raisonner. Son attachement à la loi et au droit, lui a fait beaucoup d’ennemis. Et puis, après sa mort, toujours d’après l’abbé Mugaruka, certains lobbys s’emploient à le diaboliser, en l’accusant d’avoir été antirwandais. C’est faux. Juste le jour même de son assassinat, il avait sauvé les religieuses Tutsi du monastère Clarté-Dieu de Murhesa, en les accompagnant vers la frontière à Cangugu au Rwanda.
Mais Mgr. Munzihirwa est-il un martyr?
Le martyre est toujours attaché à la foi, à l’évangile, au Christ.
C’est vrai. Mais il y a des valeurs évangéliques qui donnent raison à ceux qui considèrent l’assassinat de l’Archevêque de Bukavu comme un martyre.
Munzihirwa a été un martyr de la paix, de la charité, du dialogue, de l’accueil, de la non-violence, de la justice, de la fraternité, etc. Ce sont des valeurs évangéliques qui découlent forcément de l’enseignement de Jésus et qui sont le bagage de notre foi.
Le p. Antoine Trettel, missionnaire xavérien, actuellement à Bukavu, s’est posé cette question, il y a dix jours : « Treize ans après l’assassinat de Mgr. Munzihirwa, qu’est-ce qu’il reste de son message prophétique ? Rien ou presque. Apparemment on ne voit pas de changements positifs à Bukavu, dans le Kivu et dans le Congo tout entier. Au contraire la situation nous paraît de plus en plus confuse et chaotique. La véritable guerre s’est calmée, mais la paix n’est pas là… L’insécurité est toujours généralisée… A l’intérieur et sur les montagnes des groupes incontrôlés sèment la terreur, la violence, la mort… Au niveau politique, la situation reste toujours floue, lourde et menaçante… Certainement si ‘le grain de blé, tombé en terre ne meurt pas’ (Jean 12, 24)… La parole de Jésus deviendra une réalité. Il faut laisser que le grain, tombé en terre, meure pour qu’il produise une moisson abondante (Jean 5, 35)… Nous sommes sûrs que le rêve prophétique de Mgr. Munzihirwa se réalisera un jour. Il faut garder l’espoir ! » (Fides, 19 octobre 2009).
Je voudrais terminer en citant de nouveau les propos du p. Gauthier Malulu Lock, jésuite, qui me paraissent pertinents : « Mgr. Christophe Munzihirwa est passé dans l’histoire de l’Eglise africaine comme un témoin et un martyr de Jésus Christ. Sa vie, sa mort et sa pensée inviteront certainement des générations de Chrétiens africains à s’engager sans aucune crainte pour la cause de l’amour fraternel, de la paix, de la justice et du développement » (Nouvelle Revue Théologique, 2007, p.625).
Mgr. Christophe Munzihirwa, un martyr, modèle de vie évangélique, Mzee Muhudumu, notre ancêtre africain, vrai pasteur de l’Eglise Congolaise.
p. Tonino Falaguasta Nyabenda
rédaction Afriquespoir
Kinshasa, le 29 octobre 2009.