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KINSHASA. 16 février 1992-16 février 2010 : Les martyrs de la démocratie honorés. 17.02.2010

Il y a de cela 18 ans depuis que les chrétiens catholiques et d’autres confessions religieuses, sont descendus dans la rue pour exiger la reprise des travaux de la conférence nationale souveraine suspendus par feu premier ministre Nguz a Karl I Bond. Cette marche malheureusement a été réprimée dans le sang.
Le mardi, 16 février 2010, les associations des droits de l’homme ont organisé des activités pour commémorer les victimes du 16 février 1992. Une conférence a réuni plusieurs intervenants au collège Boboto à la Gombe sur l’engagement des chrétiens dans la démocratie.
Le Père Minani, président national de Rhodecic, a donné le message de ce 18è anniversaire qui se résume en trois points à savoir: honorer la mémoire des victimes, évoquer leur bravoure et renouveler l’engagement du peuple congolais à poursuivre le combat pour une société nouvelle.
D’après lui, on a senti un certain relâchement de la part de la population d’où la nécessité d’alimenter la flamme de la démocratie. On a noté la présence du professeur Thierry Landu, membre du groupe Amos, présent à la marche du 16 février 1992, qui est intervenu sur «les défis du chrétien par rapport à son engagement dans la démocratie».
Pour l’orateur, quatre défis sont à relever à savoir : le défi de l’éthique, de l’ethnie, de l’argent et du courage.
Le premier défi est de combattre les antivaleurs, comme l’égoïsme, la malhonnêteté, etc.
Le deuxième renvoie à l’attachement à la tribu : « On a vu le chrétien voter plus pour son frère d’une même tribu quels que soient ses défauts et laisser de côté une personne valable » a-t-il déclaré.
Le troisième défi est lié à l’argent. Les chrétiens devraient se détacher de l’amour du lucre comme le demande le Christ.
Le quatrième défi est le courage. Il est question du courage prophétique qui demande aux chrétiens de braver la peur pour une cause commune.
Le professeur Ndjoli Jacques, constitutionaliste, est revenu sur l’importance de cet événement. Pour l’orateur, la démocratie n’est pas un événement mais une expérience qui est construite dans l’imaginaire, dans la mémoire. Le 16 février 1992 démontre qu’il y a eu une mutation dans la perception de la chose publique congolaise. La population qui avait accepté la dictature pendant 32 ans ne pouvait plus accepter toutes les dictatures et c’est pourquoi elle a manifesté ce jour-là pour dire non à cette dictature.
Le professeur Ndjoli pense que deux dates restent importantes en Rdc. C’est celle du 30 juin 1960 et celle du 16 février 1992.
Après cette conférence, une messe d’action de grâce a été dite à la paroisse Sacré Cœur de la Gombe en mémoire des victimes.
Il faut noter que de l’autre côté de la ville, à la paroisse Saint Joseph de Matonge, d’où est partie cette marche du 16 février 1992, la police nationale congolaise était présente en force. En effet, les politiciens étaient là et ils voulaient récupérer cet événement en pensant aux futures élections.
On a remarqué aussi un nombre important de politiciens de l’opposition à la place de la société civile apolitique, lors de la conférence au collège Boboto.

JK