News

Les Amis de la Mission

 

 

 


 

DUNGU. La paix encore un rêve pour les habitants de Duru. 22.06.09

À Duru, se passent des cas sans nombre d’indiscipline et surtout d’insécurité de part de nos militaires des FARDC.
La population vit dans la peur et lance à qui veut l’entendre cette boutade : «Est-ce à nous, population, à protéger les militaires ou le contraire ? S’ils se plaçaient à quelque deux kilomètres du centre de Duru en vue de protéger nos champs, où la LRA fait des ravages sur nos biens et nos personnes, on n’aurait rien à dire : Mais eux ont préféré s’installer à la Mission catholique, tout au centre de Duru, pour opérer et en faire voir de toutes les couleurs aux paisibles habitants.
Les militaires font leur loi et se permettent de venir frapper à nos portes à minuit en vue de nous arracher de force nos femmes. Rien qu’en l’espace de moins d’une semaine, dans la première quinzaine de ce mois de juin, ont été enregistrés 4 cas.
Nous citerons particulièrement le malheur qui s’est abattu dans la famille de M. Siakpa Roger le 7 juin dernier. Il venait d’un voyage de deux jours. Il est 23 heures, alors qu’il était déjà au lit avec sa femme, un inconnu frappe plusieurs fois à la porte refusant de donner son nom. Dès que le jeune a ouvert la porte, un militaire lui pointant son fusil entre pour venir chercher la femme. Et aussitôt une lutte s’engage entre les deux hommes. Sikpa, plus fort que le militaire, le blesse d’un coup de tête au front. Après, c’est encore le mari qui va auprès du commandant du camp apporter l’arme du malfaiteur. Là, renversement de la situation, le jugement est vite fait: « Vous avez blessé un militaire, vous l'avez frappé sans raison. Prison. Amende de 55.000 francs congolais. » La mort dans l’âme, Siakpa a purgé sa peine du 7 au 11 juin et a dû s’endetter pour payer cette injuste amende.
Le cas de la dame Inye, belle-fille de Bape Gbati, n’est passé inaperçu à Duru. La nuit, un militaire tire le mari de son lit, lui tend de l’argent avec l’ordre d’aller lui acheter de la boisson. A son retour, ni le militaire, ni son épouse, enceinte, n’étaient plus là.
Deux cas sur mille qui illustrent bien la situation malheureuse que vit la population de Duru, qui, jusqu’à ce jour, pleure amèrement le départ des bérets rouges. Avec eux, elle se sentait protégée, tant ceux-ci était d’une discipline à toute épreuve. Non seulement, ils ne se cantonnaient pas dans le centre de Duru, mais ils sillonnaient aussi la brousse jusqu’au camp swahili de la LRA. La population les aimait bien, car ils constituaient pour elle un rempart contre les hordes des autres gens en uniforme.
Mais depuis le 5 juin écoulé, un autre contingent des militaires, trop nombreux, venant de Limay, les a remplacés. Dès leur arrivée, ils annonçaient déjà les couleurs : fouille systématique de toutes les maisons semant désordre et désolation, et … les femmes sont leurs proies faciles, les amènent où bon leur semble tout en raillant leurs maris, pour qu’à la fin de leurs basses besognes, ils remettent aux épouses ainsi couvertes de honte… une boite de sardines.

La population de Duru est composée essentiellement des agriculteurs. A cause de ce banditisme à ciel ouvert, elle craint pour la récolte d’arachides attendue d’ici un mois. A quel saint se vouer ? se disent les gens à Duru. Il y a encore peu, ils ont eu à faire à la LRA qui n’a laissé que des morts et des cases brûlées et nous a volés nos enfants pour en faire des prisonniers ou les a incorporés dans leur soldatesque, doublé d’un pillage systématique du moindre bien appartenant soit à des individus, soit à la communauté, (notamment des générateurs d’électricité, des photocopieurs, une pompe à eau, des câbles électriques, le décortiqueur de paddy, des extracteurs mécaniques).
Et aujourd’hui, ils doivent faire face aux militaires de la République Démocratique du Congo qui, au lieu de protéger le citoyen congolais, le maltraite plus même que les étrangers de la LRA.

Qui aidera Duru?