
DUNGU. Après avoir tué 4 personnes, les LRA enlèvent un catéchiste de la paroisse Bamokandi. 16.01.2010
L’Armée de résistance du Seigneur (LRA, Lord’s Resistance Army), le groupe rebelle dirigé par Joseph Kony continue à semer la panique et la mort dans la Province Orientale de la RD Congo.
6 soldats LRA et 2 congolais kidnappés depuis longtemps, une fille de Ngilima et un garçon de Anduala (un village à une quinzaine de Km de Ngilima), tous bien armés, sont apparus mercredi matin, 13 janvier, dans une parcelle de la chapelle Nagbende (8 km de la paroisse de Bamokandi, diocèse Dungu-Doruma).
Ils ont demandé des renseignements pour savoir où est le siège de la Monuc de Dungu, pour déposer les armes et se rendre, disaient-ils.
Après avoir mangé la nourriture qu’ils avaient amenée avec eux, vers 14 heures, ils ont pris le chemin pour aller à Dungu, mais dans la brousse loin de la route. Les gens de la parcelle, 4 adultes et un prisonnier qui avait été pris à Kaka, ont été obligés de les accompagner.
Arrivés au village de Kilikili, 4 km de Bamokandi, les LRA ont massacré à coup de bâton une vielle femme qui avait commencé à crier contre eux car ils s’étaient arrêtés pour voler dans sa maison.
Avant d’arriver à la source Napusi, ils ont dépassé une parcelle où un vieil homme était en train d’arranger sa natte, un des LRA est retourné en arrière pour le massacrer. Les gens le découvrent le jour suivant : le vieux Genesa, 70 ans, avait la figure transpercée par plusieurs coups de baïonnette.
Aux alentours de la source Napusi, un endroit très fréquenté par les gens de Bamokandi, derrière l’école primaire catholique, ils ont ligoté les personnes qui avaient marché avec eux et d’autres gens qui se trouvaient près de la source. Quelques uns ont réussi à s’en fuir.
La nouvelle de la présence des LRA fait le tour du quartier : en un peu de temps Bamokandi se vide. Les gens courent vers la ville de Dungu. Certains sont accueillis à la paroisse, une trentaine.
Les rebelles tirent sur les gens qui chercher à leur échapper, une femme enceinte reste blessée, elle fait une centaine de métrés avant de tomber dans la brousse sans vie. Elle sera découverte le jeudi matin, à cause des cris de son bébé, accroché à son sein.
Alertée par les tirs des LRA, une patrouille des FARDC qui se trouvait pas loin de l’école, a commencé à riposter. Les rebelles s’echappent, les deux gens congolais associés à la LRA, abandonnent les prisonniers qui liés l’un derrière l’autre se jettent par terre et à quatre pattes entrent où il y avait du feu, avec ça ils brulent la corde qui les liait et ils s'enfuient.
A leur tour, les FARDC qui stationnent derrière la paroisse, ont ouvert le feu. Une fusillade de cinq minutes qui a fait augmenter la panique chez les gens qui étaient en fuite, et alerté les militaires de la MONUC qui sont arrivés à la paroisse avec une dizaine de blindés.
Entretemps, les LRA avaient pris le chemin de Ngilima et arrivés à Nangbende, l’endroit d’où ils sont partis le matin, ils sont entrés à 22 heures dans la parcelle du catéchiste Michel Ndakanya, ils l’ont pris avec sa femme et son neveu. Pendant qu’ils entaient en train de piller le village, la femme du catéchiste, Léonie, à réussie à se libérer et s’échapper. D’autres personnes, qui en écoutant le bruit et en voyant beaucoup de torches, ont eu le temps de se cacher dans la brousse, ont vu les rebelles piller le village et partir avec le catéchiste et son neveu.
A la paroisse ce vendredi 15 janvier, s’est répandue la nouvelle que le catéchiste aurait été tué, mais les Missionnaires n’ont pas confirmé ce bruit.
Confirmée plutôt la mort d’une maman de Nabiangà (une chapelle de la Paroisse Bamokandi), assassinée par les LRA la nuit de jeudi 14 janvier. Elle a été transportée à Bamokandi pour le deuil et l’enterrement.
F.E.S.