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KINSHASA. L'abbé ANSELME BIN-MASUDI, témoin des massacres de Doruma, lance un appel. 22.05.09

Témoin privilégié des massacres des fidèles de st Vincent Ferrier de Doruma après la messe de Noël 2008 et de tant d'autres habitants des villages environnants de Doruma, l'abbé ANSELME -BIN -MASUDI, vicaire de la même paroisse, rentre dans son diocèse après un séjour à Kinshasa pour se reposer suite au traumatisme du aux événements qu'il avait vécus à Doruma. Il s'est confié à notre rédaction avant son départ pour donner ses impressions.

Mr l'Abbé, quel est votre état d'esprit avant votre départ pour Doruma ?
Par rapport à l'état d’esprit, je dirais que je me suis refait et je dois rentrer pour travailler dans mon diocèse après le repos mais alors que je m'y apprête voilà que les Lra viennent encore de frapper, mais malgré cela, je dois aller dans ma paroisse, la mission m'appelle.

Ces événements sont ils encore présents dans votre mémoire?
Je dois dire que depuis ma formation au petit séminaire j'ai été confronté à des telles situations. A l'entrée de l'Afdl, j'ai fait un mois dans la brousse quand j'était au petit séminaire, au grand séminaire à Kisangani, je étais surpris par la guerre de six jours, au théologat à Bunia j' ai vécu les conflits lendu-hema et arrivé au bas Congo à Maidi pour continuer, je tombe chez les Bundu dia Kongo, enfin quand j'essaie de cicatriser mes plaies, ce sont les Lra qui vont les rouvrir, mais cela ne m'empêche pas de continuer mon travail.

Que pensez-vous de l'implication de l’Etat?
C'est d'une façon nuancée que je parlerai de cette implication, car par rapport aux statistiques de la paroisse st Vincent Ferrier et des associations locales, il y a plus ou moins 3000 ménages soit 20000 personnes déplacées et jusqu'avant mon départ de Doruma, le gouvernement central n'avait remis qu'une somme modique aux victimes. C'est pour dire que l'Etat n'est pas impliqué.

Comment expliquez-vous cette indifférence?
Il y a lieu de se poser la question sur la volonté politique des gouvernants sur cette partie du pays ou si cette partie n'est qu'une appendice, à voir avec quelle légèreté cette question est traitée surtout que pour une certaine opinion politique, on dit que les population de ce coin du pays se comportent en Kuluna ou gangsters, quelle moquerie et quelle irresponsabilité.

Que faire?
Je lance un appel de solidarité car parmi les valeurs africaines à promouvoir la solidarité en est une. La situation dégradante et inhumaine dans laquelle vivent les familles déplacées à Doruma et dans les autres parties du bassin de Uele appelle une solidarité vraie et authentique au niveau spirituel par le prière et au niveau matériel par les dons.

J.K.