News

Les Amis de la Mission

 

 

 

 

 

BONDO. La présence massive de MBORORO commence à inquiéter la population : lettre du Vicaire général. 24.04.2010

Mgr Samuel MIGIDO WANDU, Vicaire général du Diocèse de Bondo, dénonce l’avance des Mbororo, qui pourrait être un prelude de l’arrive de la LRA. Voila le texte.

«Le Phénomène MBORORO dont on a si souvent parlé dans les Territoires de DUNGU et de ANGO, vient d'atteindre le Territoire de Bondo. Les Mbororo sont désormais présents sur le Territoire de Bondo, surtout dans le Poste d'Etat de Bili. BILI est situé à 200 km à l'EST de Bondo.
Les Mbororo se trouvent spécialement entre BILI et API (API est situé à 62 km à l'EST DE BILI, dans le Territoire de ANGO), à partir de 25 km de Bili, village SOO 1. Ils y sont par milliers avec plusieurs milliers de vaches encore. Ils n'ont pas encore fait l'objet d'un recensement.
Leur avancée vers la ville de Bondo est graduelle, quelques uns ont déjà atteint Bondo pour y vendre leurs vaches.
La présence de ces MBORORO est aussi signalée dans le POSTE D'ETAT de SAMBILI (BAYE), spécialement dans le village de BAKPOLO, au Nord de Bondo, vers la frontière avec la RCA. Cette présence massive de MBORORO commence à inquiéter car, de Dungu à Ango, les Mbororo ont été comme l'avant-garde de la LRA.
Si au début il y avait eu quelques luttes entre ces deux, depuis un temps, la complicité entre ces deux est de plus en plus attestée. Par exemple, sur la rive droite de l'Uele (village BUYE et ses environs) en face du Centre AMADI situé dans le Territoire de POKO, le groupe LRA était arrivé comme si c'était de MBORORO, il est entré au marché et, quelque temps après, il a attaqué.
En novembre dernier, dans le Territoire d'Ango, les rescapés des attaques de DIGBA et SUKADI affirment avoir vu les MBORORO céder leurs ânes aux LRA pour continuer le transport de leurs butins jusque là amenés par les otages desdits villages. Outre cette complicité attestée, il y a une autre qui est un corollaire des actions même des MBORORO.
Le déplacement de plusieurs milliers de vaches à travers les forets de galerie et les savanes, frayent des routes qui deviennent des voies de déplacement aisées des LRA.
Ne serait-ce pas ca qui fait que jusqu'alors, partout où les MBORORO sont passés, les LRA sont également arrivées (Doruma, Boeli, Banda, Mugalie, Samungu, Buye, Dakwa, Digba, etc.).
Avant le surgissement des LRA à DORUMA, BOELI, BANDA, DAKWA, s'étaient les MBORORO qui semaient la panique et s'en prenaient aux populations locales. Actuellement cette charge est confiée aux LRA. En plus de cette double complicité implicite et explicite, il y a le fait que la présence des MBORORO influe énormément sur l'écosystème des milieux ou' ils arrivent: destruction du gibier, éloignement des animaux du milieu, destruction des ruches d'abeilles, ravages de champs des agriculteurs, pollution des nappes d'eau, vidages des sources et ruisseaux, etc.

Voilà autant des raisons qui font que les populations locales redoutent les MBORORO, autant des raisons qui font que la peur puisse aller grandissante dans le Territoire de Bondo. Cette présence fera-t-elle exception à la règle?
Si elle peut le faire pour l'entrée des LRA, elle ne saura pas le faire pour l'atteinte à l'écosystème. »

Mgr Samuel MIGIDO WANDU
Vicaire général du Diocèse de Bondo
Coordonnateur CD-Bondo