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BONDO. Encore un cri de détresse. 28.06.09

Ademis publie en entièreté le bulletin n. 22 du diocèse de Bondo

Plus de 100 morts au nord de la RCA
Les éléments de la LRA dispersés de l’Ouganda ne trouvent pas mieux que de parsemer la terreur, la désolation et la mort du nord de la RD Congo jusqu’au nord de la RCA. C’est bien la situation qui prévaut ces jours à plus ou moins 15 km de la localité de Dakwa, où deux hommes furent abattus après avoir incendié le village entier. Pourtant les militaires loyalistes ougandais venaient de traverser ledit village à la poursuite des rebelles. De suite, ces seigneurs de brousse ont démontré la capacité de leur nuisance dans la localité PASI située à plus de 85 km de Banda vers le nord, en brulant les habitations des populations et en n’y laissant que des cadavres entrain de putréfier. Trois rescapés ont réussi à atteindre la localité de OBO en RCA, tandis que seul Mr DOGA, chef de Groupement PASI est actuellement à DIGBA, chef lieu d’un des Postes d’Etat du Territoire d’Ango, situé à 40 km. De PASI, le même scenario dans la partie nord de la République Centrafricaine où toute la localité LIGUA située à 25 km d’OBO fut nettoyée, et plus de 100 cadavres revêtaient le sol.

Insécurité multisectorielle dans la partie est du diocèse de Bondo
L’ampleur de la situation d’insécurité au nord de la RD Congo nécessite des attitudes responsables du côté des Gouvernants de la RD Congo. Plusieurs localités sont débordées par les déplacés, les cas échéants de DIGBA (40km de Ango vers le nord), DAFIA (7km vers le sud), GBUDI (30km vers le sud), BAMELA (40km), MBIBILI (45km), MBABI (47km), API (65km), LISALA (85km), DINGILA, BILI(125km). Le retour de ces populations ne pourra être résolument motivée que par des prises de positions par l’armée nationale congolaise à Banda, Dakwa, Ango et Digba pour assainir les intentions des partenaires. La paix, l’économique, la santé, l’éducation, l’alimentation, …laissent à désirer quand aucune prise en charge responsable ne s’annonce pour ces pauvres populations sommées à une subsistance toujours précaire et à assumer une humanité toujours dégradante.

Une situation humanitaire hors du commun
Les déplacés sont innombrables. Au moment où les localités de TITULE et de BAMBESA craignent le surpeuplement avec ses corolaires, les localités d’API, LISALA et MBIBLI dénombre plus de 292 ménages. A l’occasion, deux commerçants de BILI solidarisent avec les pauvres déplacés en disposant pour leur évacuation les camions : il s’agit notamment de Mr NICO, un grec et Mr KENNEDY un compatriote.

La Caritas diocésaine a trouve sur terrain une situation humanitaire dégradante
Les conditions d’hébergement des déplacés laisse à désirer ! Selon le rapport de l’émissaire de la Cartas diocésaine, 85 % des déplacés passent la nuit à la belle étoile, dans des églises, sous les bâtiments scolaires et les paillotes. Ils se servent des rameaux de palmiers, des feuilles de bananiers pour literie. Contre le froid rien d’autres que le bois de chauffage. Du point de vue alimentaire, les populations autochtones manifestent la bonne volonté d’assister les déplacés avec ce qu’ils disposent (manioc et feuille de manioc). Toutefois la qualité et la quantité exigent amélioration. Aussi le système économique n’en reste pas touché, car il se fait observer dans des localités où les déplacés se sont massés la flambée de prix des denrées alimentaires, l’exploitation de mains d’œuvres contre la nourriture sous la poussée de l’instinct de survie.
Du point de vue de la santé, toute l’étendue du territoire d’Ango est dépourvue de produits pharmaceutiques. Cette situation ouvre grandement accès avec tous les risques inhérents, à la médecine naturelle du type traditionnel. L’eau potable fait gravement défaut dans des localités précitées avec le nombre des déplacés. Les populations sont-elles sommées à consommer l’eau de rivières en dépit de sa qualité et des conséquences qui vont s’ensuivre. Au niveau de l’éducation, le territoire d’Ango a dès le début du « phénomène LRA » connu de grandes perturbations au niveau des Institutions Scolaires. Dernièrement le jour de passation du TENAFEP au centre d’Ango, les finalistes à l’annonce de la proximité de la LRA, avaient abandonné le questionnaire au tableau pour se sauver. Des écoles ont essuyé tout simplement une année blanche dans la région.

Cas de grandes vulnérabilités
Les Nourricières, les enfants, les veuves et les personnes de troisième âge sont du reste ceux dont le manque d’encadrement adéquat présage le pire dans les jours avenir dans ce territoire sinistre. La situation dans sa globalité est toute critique et exige une aide humanitaire d’urgence en vivres, non vivres, santé et sécurité, tant attendue.

Mr Joseph Kony, seigneur des rebelles ougandais, serait-il au nord de la RD Congo ?
Plus d’un observateur tente de suspecter la présence du seigneur de la rébellion ougandaise en RD Congo, on ne sait avec l’avale de qui. Cette suspicion se verra à la longue de plus en plus étayée par certains événements susceptibles d’éclairer l’herméneutique de ce renseignement.

Une analyse s’impose !
UN : les ratissages perpétrés dans les localités de LONGONDO, PASI et LIGWA par les éléments de la LRA ne se sont-ils point assigné l’objectif d’isoler Joseph KONY qui se serait retiré dans la région de la curiosité des populations autochtones et cela probablement à BAKWAKONDO, où se situe un lieu tenu mystérieux par les autochtones. BAKWAKONDO est dans la région des localités PASI et MATINDI. Il s’y trouverait une grande montagne rocheuse pourvue des chambrettes sous forme de labyrinthe.
DEUX : Il y a plus de trois mois que les militaires ougandais sont dans la région sous la poursuite des éléments nocifs. Pourtant les stratégies militaires du gouvernement ougandais optent pour le sens ouvert, c’est-à-dire pressant l’ennemi d’aller plus en l’intérieur, vers le nord-ouest de la RD Congo. Est-ce à dessein ou non, l’histoire nous le dira.
TROIS : Le vendredi 26 juin 2009, trois avions de la MONUC ont survolé la localité de DINGILA. Phénomène qui a semé la panique au sein de la population. Ces matériels volants de la MONUC avaient-ils quelle destination et pourquoi une mobilisation si ostensible à l’heure où la présence de KONY est suspectée dans la région ? Un adage ne dit-il pas « l’eau ne bouge pas sans que quelque chose n’y soit jeté » ?

Nos cris de détresse toujours vers vous !
- Aux hommes de bonne volonté, aux humanitaires nationaux et internationaux, nos cris sont – ils lancés vers vous, pour que les urgences alimentaires, sanitaires, éducationnelles, … trouvent soulagement.
- A nos Gouvernants de la RD Congo et à la Communauté internationale, vos populations ont besoin de la sécurité inaliénable pour leur épanouissement dans le territoire d’Ango. Nous demandons tout espérant votre sens de responsabilité, tout mettre tout en œuvre pour mettre fin à la récréation de mauvais augure à laquelle se livrent les hommes de Joseph KONY, dans le nord de notre pays.

Abbé Liévin GALAKPIO